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ChapitRe 8
commentaires remplissent une double fonction : ils montrent à l'autre que l'on appré-
cie son comportement et ils augmentent les chances qu'il adopte ce comportement à
l'avenir.
En dépit des avantages que procure la métacommunication, le fait de soulever les
problèmes relationnels comporte des risques. Le désir de parler d'une relation sem-
ble parfois de mauvais augure : « Notre relation ne fonctionne pas si nous devons
sans cesse en discuter
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. » En outre, la métacommunication comporte effectivement
une part d'analyse (« On dirait que tu éprouves de la colère à mon égard »), et cer-
taines personnes n'apprécient guère être analysées. Ces mises en garde ne signi-
fient pas qu'il faut éviter la métacommunication verbale. Elles indiquent plutôt qu'il
s'agit d'un outil que l'on doit utiliser avec circonspection.
appliCation
Contenu et messages relationnels
Dans une conversation, lorsque chaque personne est
centrée sur un niveau différent (l'une sur le contenu
et l'autre sur le message relationnel), des problèmes
risquent de surgir. Dans ce bref passage, inspiré d'un
roman d'Anne Tyler, Murielle essaie d'utiliser la remarque
(liée au contenu) que fait Douglas sur son fils pour
orienter la discussion sur l'avenir de leur relation. À moins
que Douglas et Murielle ne se mettent d'accord pour se
concentrer sur le contenu ou le problème relationnel, ils
risquent de rester dans une impasse désagréable.
« Je ne crois pas qu'Alexandre reçoive une éducation
appropriée à l'école, lui dit-il un soir.
-- Mais non, ça va.
-- Je lui ai demandé combien de monnaie on lui
remettrait lorsqu'on a acheté du lait aujourd'hui et il n'en
avait pas la moindre idée. Il ne savait même pas qu'il
devait faire une soustraction.
-- Il n'est qu'en deuxième année, objecte Murielle.
-- Je pense qu'il devrait aller dans une école privée.
-- Les écoles privées sont dispendieuses.
-- Et alors ? Je paierai. »
Elle s'arrête de retourner le bacon et le regarde.
« Qu'est-ce que tu dis ? lui demande-t-elle.
Qu'est-ce que tu dis, Douglas ? Es-tu en train de dire
que tu t'engages ? »
Douglas se racle la gorge. Il répond : « Que je m'engage ?
-- Alexandre a encore dix années de scolarité devant
lui. Es-tu en train de dire que tu seras avec nous pendant
encore dix ans ?
-- Humm...
-- Je ne peux pas l'inscrire à l'école privée et ensuite le
réinscrire à l'école publique à chacun de tes caprices. »
Douglas reste silencieux.
« J'ai aussi une autre question, dit-elle. Est-ce que tu
penses qu'on va se marier un jour ? Je veux dire, lorsque
ton divorce sera prononcé ?
-- Ah, tu sais, moi, le mariage, Murielle...
-- Tu n'y penses jamais, n'est-ce pas ? Tu ne sais pas ce
que tu veux. Pendant une minute, tu m'aimes, et l'instant
d'après, tu ne m'aimes plus. Pendant une minute, tu as
honte que l'on nous voie ensemble, et l'instant d'après,
notre rencontre est la meilleure chose qui te soit arrivée. »
Il la regarde fixement. Il n'aurait jamais cru qu'elle pouvait
lire en lui à ce point.
« Tu penses que tu peux dériver comme ça, jour après
jour, sans faire aucun projet, dit-elle. Peut-être seras-tu
là demain, peut-être pas. Peut-être que tu retourneras
avec Sarah. Oh oui ! Je t'ai vu au mariage de Rose. J'ai vu
comment toi et Sarah, vous vous dévoriez des yeux. »
Douglas répond : « Tout ce que je disais, c'est que...
-- Tout ce que je dis, lui répond Murielle, c'est de faire
attention aux promesses que tu fais à mon fils. Ne lui fais
pas de promesses que tu n'as pas l'intention de tenir.
-- Mais je voulais seulement qu'il apprenne à faire des
soustractions ! » dit-il.
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