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Chapitre 9
Les animaux les plus fréquemment impliqués dans des
rapports sexuels avec des humains sont les chèvres, les
moutons, les ânes, les grosses volailles (canards et oies),
les chiens et les chats. Les hommes sont plus suscepti-
bles d'avoir des rapports péniens-vaginaux ou à se faire
lécher les organes génitaux par des animaux de ferme
(Hunt, 1974 ; Kinsey et coll., 1948 ; Miletski, 2002). Les
femmes zoophiles ont plutôt des contacts avec des ani-
maux de compagnie. Elles se feront lécher les organes
génitaux par eux ou elles masturberont un chien, par
exemple. Également, mais c'est moins répandu, certai-
nes femmes dressent un chien pour qu'il les monte et
accomplisse avec elles un coït (Gendel et Bonner, 1988 ;
Kinsey et coll., 1953).
Le contact sexuel avec les animaux n'est habituellement
qu'une expérience transitoire de jeunes gens en mal de
partenaire (Money, 1981). La plupart des adolescents
et adolescentes qui s'adonnent à la zoophilie passent
ensuite à l'âge adulte à des relations sexuelles avec des
partenaires humains. Il peut arriver qu'un adulte se
livre occasionnellement à ce genre de comportement
par goût de « l'aventure » (Tollison et Adams, 1979). On
ne parle de véritable zoophilie ou de zoophilie non tran-
sitoire que lorsque le contact sexuel avec les animaux
est préféré à toute autre forme d'expression sexuelle. Ce
comportement, qui est très rare, ne se retrouve généra-
lement que chez les gens affligés de profonds problèmes
psychologiques ou qui ont une vision complètement
déformée de l'autre sexe. Par ailleurs, certains hommes
ayant eu des contacts sexuels avec des animaux ne cor-
respondent pas à ce profil. Une enquête récente menée
sur Internet auprès de 114 hommes se qualifiant eux-
mêmes de « zoophiles » a fait ressortir que la majorité
d'entre eux préféraient avoir du sexe avec un animal ;
comme motifs de cette préférence, ils invoquaient
le besoin d'affection et la recherche du plaisir, et non
une quelconque haine envers les femmes (Williams et
Weinberg, 2003).
La nécrophilie
La nécrophilie est une expression sexuelle extrême-
ment rare par laquelle une personne trouve un plaisir
sexuel en observant ou en ayant un rapport sexuel
avec un cadavre. Au Canada, cette pratique est illé-
gale et définie comme un crime d'outrage, d'indécence
ou d'indignité envers un cadavre (Schabas, 1995).
Cette paraphilie semble se retrouver presque unique-
ment chez les hommes. Mais un film de 1996, Kissed,
de Lynne Stopkewich, une adaptation d'une nouvelle
écrite par Barbara Gowdy, met en scène une femme
nécrophile. Cette paraphilie pousse parfois ceux qui en
sont atteints à exhumer des corps récemment inhumés
dans les cimetières ou à se faire embaucher à la morgue
ou dans des entreprises de pompes funèbres (Tollison
et Adams, 1979).
Les annales judiciaires font état de quelques affaires
où des hommes aux tendances nécrophiles auraient
tué quelqu'un afin de disposer de son cadavre, la plus
célèbre étant celle d'Ed Gein, qui a inspiré plusieurs
scènes de films, dont le très connu Silence des agneaux de
Jonathan Demme en 1991. Gein utilisait notamment
la peau de cadavres féminins pour confectionner des
vêtements. Mais comme il est très difficile de se pro-
curer une dépouille mortelle, certains nécrophiles cher-
cheront plutôt à assouvir leur comportement déviant
au moyen d'un simulacre. Certaines prostituées accep-
tent de se prêter au jeu. Elles se poudrent le corps pour
simuler la pâleur cadavérique, se couvrent d'un linceul
et demeurent parfaitement immobiles durant tout le
rapport sexuel, car tout mouvement de leur part ferait
probablement retomber l'excitation sexuelle de leurs
clients.
Les hommes qui se livrent à la nécrophilie sont presque
toujours affligés de graves troubles affectifs (Goldman,
1992). Ils se considèrent sexuellement et socialement
incompétents, et ils détestent et craignent les femmes
tout à la fois. Pour eux, la partenaire sexuelle idéale
est sans vie, donc soumise et inoffensive (Rosman et
Resnick, 1989 ; Stoller 1977).
La compuLsion sexueLLe
existe-t-eLLe ?
Depuis quelques années, la presse spécialisée et les
médias se sont beaucoup intéressés à ce qu'on appelle
la compulsion sexuelle (parfois aussi dépendance
sexuelle ou hypersexualité). Cette idée que des gens
puissent être la proie d'insatiables besoins sexuels n'est
pas d'hier, comme en font foi les termes nymphoma-
nie, satyriasis ou donjuanisme, le premier applicable aux
femmes, les deux derniers, aux hommes. Beaucoup de
professionnels réprouvent ces catégorisations, qu'ils
jugent méprisantes et susceptibles de culpabiliser
inutilement des individus jouissant d'une vie sexuelle
active. De plus, ils objectent qu'on ne peut qualifier
d'excessifs des rapports sexuels, alors même qu'on ne
dispose pas de critères nets établissant ce que seraient
des niveaux « normaux » d'activités sexuelles. Les critè-
res sur lesquels se fonde le diagnostic d'hypersexualité
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