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Le CommerCiaL et L'atypisme en sexuaLité
paniquée et j'ai cru mourir. À ce moment-là, j'ai
ressenti une espèce de volupté et je me rappelle
avoir uriné très fort, et il y a eu cet orgasme d'une
intensité énorme... je ne peux pas le décrire. J'ai
réussi à sortir de l'eau et quelques minutes après
j'ai été prise de tremblements et j'ai joui de nou-
veau sans rien faire pour ça. À présent, j'aimerais
connaître de nouveau ces deux orgasmes telle-
ment ils étaient forts. Je fantasme presque sur
la noyade. Je voudrais savoir si ce qui m'est arrivé
est normal et surtout j'aimerais savoir si d'autres
femmes ont eu les mêmes sensations en ayant eu
très peur. Merci de votre réponse. (Élysa, 2008)
Il n'existe pas d'explication scientifique validée de ce
phénomène. Chez la plupart des gens, la peur est anti-
érotique. Par contre, une expérience célèbre ouvre une
piste. Deux chercheurs, Dutton et Aron (1974), ont
voulu vérifier la théorie selon laquelle, dans certaines
conditions, des émotions non sexuelles peuvent être
perçues comme de l'amour ou de l'attirance sexuelle. Ils
ont fait circuler des volontaires masculins soit sur un
pont instable surplombant une rivière dangereuse, soit
sur un pont solide surplombant une rivière tranquille.
Les sujets rencontraient un interviewer sur le pont,
c'était parfois un homme parfois une femme, qui leur
« demandait de remplir un court questionnaire, puis
d'écrire une petite histoire en se basant sur une pho-
tographie représentant une jeune femme qui se cou-
vrait le visage d'une main et qui tendait l'autre main »
(Allgeier et Allgeier, 1992).
Cette expérience a été menée en double aveugle. Les
outils utilisés pour mesurer l'excitation sexuelle dans
les récits inventés par les hommes ont montré que ceux
qui se trouvaient sur le pont expérimental (le pont
dangereux) avaient un récit à contenu sexuel beau-
coup plus important que celui des hommes qui avaient
marché sur le pont solide, mais, et cela est significatif,
seulement si l'interviewer rencontré sur le pont dan-
gereux était une femme. Ces mêmes hommes ont aussi
eu nettement plus tendance à contacter l'interviewer
féminine les semaines suivantes que les hommes du
pont sécuritaire (Dutton et Aron, 1974).
Une telle réaction peut être reliée aux nombreux récits
de personnes qui développent une attirance mutuelle
après avoir connu ensemble des épisodes de danger, ou
aux récits dans lesquels un valeureux chevalier délivre
une jeune fille (une princesse, de préférence) en danger
pour ensuite se marier, avoir beaucoup d'enfants et vivre
heureux... Enfin, des réactions paradoxales d'excitation
sexuelle pouvant aller jusqu'à l'orgasme sont rappor-
tées dans diverses études sur les agressions sexuelles,
et ce, sans qu'aucune attirance et encore moins le désir
ou l'acceptation puissent être invoqués, mais où la peur
et la douleur étaient présentes (Desaulniers, 1998).
Le sadomasochisme pourrait aussi être pour ceux qui
s'y adonnent un moyen d'échapper à l'intransigeance
et à la rigidité morale du rôle qu'ils assument quoti-
diennement en public. Cela expliquerait pourquoi,
dans ce contexte, les hommes jouent davantage les
rôles masochistes que les femmes (Baumeister, 1997 ;
Friday, 1980). Pour Perel, « ces rituels de domination et
de soumission sont un moyen subversif d'appréhender
une société qui glorifie la maîtrise, déprécie la dépen-
dance et réclame l'égalité » (2006, p. 108). Une théo-
rie s'y rapprochant veut que le sadomasochisme soit
une façon de décrocher d'une hypervigilance ou d'un
contrôle de soi très poussé. Comme dans la soûlerie ou
d'autres comportements où la personne essaie de s'éva-
der d'elle-même, le masochisme bloque des pensées et
des sentiments indésirables, surtout ceux qui génèrent
de l'anxiété ou de la culpabilité, ainsi que les sentiments
d'incompétence ou d'insécurité (Baumeister, 1988).
Des études cliniques de personnes qui pratiquent le
sadomasochisme révèlent parfois que le lien entre la
sexualité et la souffrance a pu être établi lors d'expé-
riences précoces. Ainsi, celui qui aura été puni pour
s'être adonné à certaines activités sexuelles (comme la
masturbation) pourra en venir, enfant ou adolescent, à
faire une telle association. L'enfant pourrait même res-
sentir de l'excitation sexuelle pendant la punition : par
exemple, l'érection ou la lubrification se produira quand
on lui découvrira le postérieur et qu'on lui administrera
la fessée (la fessée est une activité SM répandue).
De nombreuses personnes qui s'adonnent au SM (peut-
être même la majorité d'entre elles) peuvent parvenir
à l'excitation sexuelle ou à l'orgasme sans pratiquer le
SM, ayant également des désirs et des pratiques tradi-
tionnels (Kleinplatz et Moser, 2004). Ceux qui ne s'y
livrent qu'à l'occasion reconnaissent qu'une bonne part
de l'excitation et de l'attrait érotiques de ces pratiques
tient à ce qu'elles sortent de l'ordinaire. Par contre, le
comportement masochiste est parfois un moyen d'ex-
piation pour les personnes ayant un rapport à la sexua-
lité très négatif. Considérant le sexe comme immoral et
répréhensible, elles obtiennent ainsi du plaisir tout en
étant châtiées, ou elles subissent d'abord un châtiment
leur donnant ensuite droit au plaisir. De même, les
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