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Le CommerCiaL et L'atypisme en sexuaLité
personne qui pratique l'un pratique aussi l'autre, le
sadisme et le masochisme étant en réalité deux com-
portements distincts. Le DSM-IV (2000) présente ces
deux paraphilies en deux catégories séparées : sadisme
sexuel et masochisme sexuel. Le masochisme est la
seule paraphilie se rencontrant avec une certaine
fréquence chez les femmes (American Psychiatric
Association, 2000). Les gens qui pratiquent le SM
utilisent les termes « bondage-domination-sadisme-
masochisme », ou BDSM, pour désigner ce type d'acti-
vités (Gross, 2006).
Il est difficile de déterminer quels comportements relè-
vent du sadisme sexuel et du masochisme sexuel, car de
nombreuses personnes se prêtent à certaines violences
durant les jeux amoureux (les morsures d'amour, par
exemple) qu'on ne qualifierait cependant pas de sado-
masochistes. Alfred Kinsey et ses collègues ont éta-
bli que 22 % des hommes et 12 % des femmes de leur
échantillon avaient une réaction érotique aux histoires
à thématique sadomasochiste. De même, plus de 25 %
des sujets des deux sexes disaient être attisés éroti-
quement par les morsures durant les rapports sexuels
(Gross, 2006). Hunt (1974) indique que 10 % des hom-
mes et 8 % des femmes de son échantillon (composé
d'adultes de moins de 35 ans) disaient retirer du plaisir
sexuel d'activités SM communes. Une autre étude por-
tant sur 975 hommes et femmes a montré que 25 % des
sujets pratiquaient une forme quelconque de SM à l'oc-
casion (Rubin, 1990). Il y a des indications à l'effet que
les personnes fascinées par le SM sont plus nombreuses
à explorer leur intérêt pour ces pratiques, la facilité d'ac-
cès à Internet y étant pour quelque chose (Gross, 2006 ;
Kleinplatz et Moser, 2004).
Bien que les pratiques sadomasochistes puissent être
dangereuses physiquement, la plupart des personnes
qui s'y adonnent ne dépassent généralement pas les
limites auxquelles elles avaient mutuellement consenti
préalablement, se contentant de se livrer en compagnie
d'un ou d'une partenaire de confiance à des actes légère-
ment ou même symboliquement sadomasochistes. Sous
sa forme la plus bénigne, le sadisme sexuel se résume
souvent à infliger une souffrance plus symbolique que
réelle.
Les gens ayant des dispositions masochistes pourront
être excités sexuellement s'ils se font flageller, si on les
coupe, si on les pique avec une aiguille, si on les atta-
che ou si on leur donne la fessée. Le degré de douleur
nécessaire à l'obtention d'un état d'excitation sexuelle
peut varier, allant de souffrances très légères et sym-
boliques jusqu'aux corrections ou mutilations graves,
lesquelles sont rares, cependant. Font également preuve
de masochisme sexuel les individus qui, pour être
sexuellement excités, doivent « être méprisés, humi-
liés et forcés de se soumettre à des actes avilissants
ou dégradants » (Money, 1981, p. 83). L'idée répandue
voulant que tout genre de douleur, physique ou morale,
puisse exciter sexuellement les personnes prédisposées
au masochisme est fausse. La douleur doit faire partie
d'une mise en scène dont l'objectif explicite est le plaisir
sexuel.
Dans une autre variante masochiste, certains individus
trouvent plaisir à être attachés, ligotés ou entravés dans
leurs mouvements d'une quelconque façon. Ce compor-
tement, appelé bondage, nécessite généralement l'aide
d'un ou d'une partenaire qui attache ou ligote l'individu
et lui administre des corrections, par exemple des fes-
sées ou des coups de fouet (Santilla et coll., 2002). Une
étude menée auprès de 975 hommes et femmes a révélé
que 25 % d'entre eux se livraient à des pratiques de ligo-
tage durant leurs relations sexuelles (Rubin, 1990).
Nombre d'individus qui s'adonnent au SM ne se limi-
tent pas à des comportements exclusivement sadiques
ou exclusivement masochistes. Certains alternent les
deux rôles, souvent par nécessité, car ils n'ont pu trou-
ver de partenaire préférant uniquement infliger de la
souffrance ou s'en faire infliger. La plupart de ces gens
semblent préférer l'un ou l'autre rôle, mais certains
apprécient les deux (Mosher et Levitt, 1987 ; Taylor et
Ussher, 2001).
Il semble qu'il y ait moins d'individus aux tendances
sexuelles sadiques que masochistes (Sandnabba et
coll., 1999). Ce déséquilibre est peut-être à l'image de
la morale ambiante -- il apparaît certainement plus
acceptable d'être puni que de perpétrer une agression
mentale ou physique contre un autre. Cela étant, les
personnes ayant besoin d'une douleur intense pour
atteindre un état d'excitation sexuelle pourraient
avoir de la difficulté à obtenir la coopération d'un
partenaire. Certains individus en sont donc réduits à
s'infliger eux-mêmes de la douleur en se brûlant. De
même, celui qui a besoin d'infliger de grandes douleurs
pour parvenir à un état d'excitation sexuelle trouvera
difficilement un partenaire consentant, même contre
rémunération. Les meurtres sadiques qui font occa-
sionnellement la une de certains journaux servent
parfois à assouvir ce type de besoin (Money, 1990).
Dans ces cas, c'est souvent la violence meurtrière elle-
même qui permet l'orgasme.
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