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Chapitre 9
du fétichisme proprement dit, c'est que la personne
doit porter le vêtement fétiche pour s'exciter, elle ne
peut se contenter de le regarder ou de le caresser.
Les critères de diagnostic du travestisme fétichiste, tels
que définis par l'Association américaine de psychiatrie
(2000), sont les suivants : présence durant au moins six
mois, chez l'homme hétérosexuel, d'intenses et récur-
rents fantasmes, pulsions sexuelles ou comportements
à base de travestisme. Ces fantasmes, pulsions sexuelles
ou comportements perturbent ou dérèglent de façon
pathologique d'importants aspects du fonctionnement
de la personne.
De nos jours, plusieurs membres de la communauté
transgenre (voir le chapitre 4), de plus en plus présente
dans les revues professionnelles et les médias popu-
laires, soutiennent que le travestisme est une source
légitime d'excitation sexuelle plutôt que le signe d'un
désordre psychologique ou d'un trouble du comporte-
ment. Ils rejettent ainsi l'étiquette de travestisme féti-
chiste et ce qu'elle implique d'anormal.
Les critères diagnostiques mentionnés plus haut préci-
sent que le travestisme fétichiste se rencontrerait uni-
quement chez les hommes d'orientation hétérosexuelle.
Visiblement, ce sont surtout des hommes qui sont
enclins à se travestir pour s'exciter sexuellement. Cela
semble se vérifier pour l'ensemble des sociétés actuelles
sur lesquelles nous avons des données. La documen-
tation clinique rapporte cependant quelques rares cas
de femmes s'habillant en homme pour avoir du plaisir
sexuel (Bullough et Bullough, 1993 ; Stoller, 1982).
Plusieurs études menées auprès de populations cli-
niques et non cliniques semblent indiquer que le tra-
vestisme fétichiste se rencontre principalement chez
les hommes hétérosexuels et mariés (Brown, 1990 ;
Bullough et Bullough, 1997 ; Doctor et Prince, 1997).
Comme pour le fétichisme et plusieurs autres compor-
tements atypiques, le développement du travestisme
fétichiste révèle souvent une forme de conditionne-
ment. Le renforcement, sous forme d'excitation ou
d'orgasme, peut avoir accompagné certaines activités
de travestisme au tout début du développement de l'in-
térêt sexuel, comme le montre ce témoignage.
Enfant, vers 11 ou 12 ans, j'étais fasciné et excité
par les photos dans les revues montrant des
femmes en sous-vêtements. Me masturber en les
regardant était fameux. Plus tard, j'ai intégré les
sous-vêtements de ma mère à mes petits rituels
de masturbation ; au début, je ne faisais qu'y tou-
cher avec ma main libre, puis je me suis mis à
les porter et à me regarder ainsi dans le miroir
pendant que je me stimulais manuellement.
Maintenant que je suis adulte, j'ai de nombreu-
ses relations sexuelles satisfaisantes avec des
femmes sans avoir recours au déguisement. Mais
occasionnellement, quand je suis seul, je me tra-
vestis à nouveau et cela continue d'être vraiment
excitant. (Notes des auteurs)
Une recherche sur Internet montre le développement
d'une quasi-culture alternative autour de ce qu'on
appelle des « fetish cafe ». Là, des soirées thématiques
s'organisent autour d'une pratique fétichiste. Les règles
sont plus ou moins souples, mais souvent la tenue vesti-
mentaire doit refléter le thème retenu. Les participants
adoptent également un comportement en lien avec le
thème.
Le sadisme et Le masochisme sexueLs
Le sadisme et le masochisme sont souvent abordés
conjointement dans la catégorie du sadomasochisme
(aussi appelé SM), parce que ce sont deux variantes
d'un même phénomène associant expression sexuelle
et souffrance ; les deux comportements, en effet, se res-
semblent et se complètent. Dans ce qui suit, nous utili-
serons fréquemment l'acronyme SM pour les désigner.
Cela n'implique pas nécessairement, par contre, qu'une
Pour plusieurs personnes qui s'adonnent au travestisme fétichiste,
cette pratique constitue une façon appropriée et légitime de s'exciter
sexuellement plutôt qu'un signe de trouble de comportement ou de
désordre psychologique.
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