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Chapitre 9
agressées physiquement, ou se mettent à appréhender la
récurrence de semblables incidents désagréables. Voilà
pourquoi les paraphilies qui s'exercent sous la contrainte
sont illégales, bien que de nombreuses personnes qui en
font l'objet n'en sont souvent pas autrement troublées.
Cela dit, comme plusieurs de ces comportements coer-
citifs n'impliquent pas de contacts physiques ou sexuels
avec l'agresseur, ils sont généralement considérés par les
autorités comme des infractions sexuelles mineures.
Les paraphiLies non coercitives
Dans la présente section, nous présentons quatre
paraphilies non coercitives assez courantes : le féti-
chisme, le travestisme fétichiste, le sadisme sexuel et
le masochisme sexuel. Nous décrirons ensuite quatre
paraphilies moins courantes.
Le fétichisme
Le
fétichisme
désigne un comportement sexuel
par lequel l'individu parvient à l'excitation sexuelle
en investissant un objet inanimé ou une partie du
corps humain d'une sorte de pouvoir érotique. Bien
des gens sont sexuellement excités à la vue de sous-
vêtements ou de certaines parties du corps, comme
les pieds, les jambes, les fesses, les cuisses et les seins.
Beaucoup d'hommes et certaines femmes utilisent
des vêtements et d'autres accessoires lorsqu'ils se mas-
turbent ou qu'ils ont une activité sexuelle avec un ou
une partenaire. Il n'y a véritablement fétichisme que
lorsqu'une personne a une fixation sur certains objets
ou parties du corps, à l'exclusion de toute autre chose
(Lowenstein, 2002). Dans certains cas, la personne sera
incapable d'excitation sexuelle ou d'orgasme si elle est
privée de son fétiche. Dans d'autres cas, si l'érotisation
du fétiche est moins exclusive, l'excitation demeurera
possible, mais elle sera moins forte. Chez certains, le
fétiche remplace purement et simplement le contact
avec une personne, mais il peut être délaissé si un ou
une partenaire devient disponible. Parmi les fétiches
les plus communs, mentionnons la lingerie féminine,
les chaussures (surtout à talons hauts), les bottes (sou-
vent associées à la domination), les cheveux, les bas
(surtout les bas résille noirs) et une palette d'accessoi-
res et de vêtements en cuir, en soie et en caoutchouc
ou latex (American Psychiatric Association, 2000 ;
Davison et Neale, 1993).
Comment le fétichisme se développe-t-il ? Cela peut se
produire lorsqu'un fétiche, objet ou partie du corps, a
été intégré à un fantasme auquel le sujet a recours pour
parvenir au plaisir lors d'une séance de masturbation.
L'orgasme vient ici renforcer l'association fétichiste
(Junginger, 1997). Il s'agit en quelque sorte d'un condi-
tionnement classique suivant lequel tel objet ou telle
partie du corps est associé au plaisir sexuel.
Il se pourrait aussi que l'explication de certains cas
de fétichisme se trouve dans l'enfance. En effet, des
enfants apprennent à associer l'excitation sexuelle à
des objets (sous-vêtements ou chaussures) apparte-
nant à une personne émotionnellement signifiante,
comme leur mère ou leurs soeurs aînées (Freund et
Blanchard, 1993). C'est un processus que l'on appelle
parfois transformation symbolique. Ici, le fétiche est
Il y a des individus pour qui des objets
ou certaines parties du corps humain,
comme les pieds, peuvent être des
sources exclusives d'excitation sexuelle.
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