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Le CommerCiaL et L'atypisme en sexuaLité
prime allant de 23 % à 46 % pour des pratiques sexuel-
les à risque -- ce qui représentait une augmentation de
14 000 $ à 51 000 $ de leurs revenus annuels (Gertler
et coll., 2006).
Bien que la plupart soient poussés à se prostituer pour
des motifs économiques, d'autres y sont pratiquement
forcés par tromperie ou violence, comme le montre l'en-
cadré ci-dessous.
La prostitution : l'exploitation sexuelle des femmes et des enfants dans le monde
L'histoire moderne du trafic sexuel aurait débuté il y a
une cinquantaine d'années avec l'occupation militaire
américaine de la Corée du Sud. Actuellement, il y aurait
plus de un million de travailleurs du sexe dans les divers
camp towns adjacents à la centaine de bases américaines
à travers le monde ; il s'agit principalement de femmes vic-
times de trafiquants du sexe qui oeuvrent en Europe de
l'Est et aux Philippines. Ces trafiquants sont des criminels
qui recrutent des femmes et des enfants dans des pays
socialement et économiquement sous-développés ou
politiquement instables en leur promettant un emploi.
Au lieu de leur fournir un emploi légitime, les trafiquants
vendent ces femmes et enfants à d'autres individus qui les
forcent à devenir des travailleurs du sexe, principalement
dans des pays plus riches et plus stables ou dans des lieux
connus pour le tourisme sexuel (Farr, 2004). Par exemple,
après la chute du communisme en Europe au cours des
années 1990, les trafiquants promettaient faussement à
des femmes pauvres d'Europe de l'Est qu'elles auraient un
emploi légitime à l'Ouest. Certaines sont également atti-
rées dans la prostitution par des promesses de mariage
dans un pays étranger. Les filles issues de groupes ethni-
ques minoritaires sont les proies les plus faciles pour les
trafiquants, en raison des possibilités économiques limi-
tées et de leur faible statut social dans leur pays d'origine.
Les trafiquants achètent également des enfants à des
parents qui ne peuvent en assumer la charge financière,
trop lourde pour eux. Les enfants orphelins dont les
parents sont morts du sida ou dans des guerres interethni-
ques en Afrique et en Europe de l'Est sont aussi des proies
faciles (Rios, 1996). Il y a eu une augmentation notable du
nombre de jeunes garçons prostitués pour répondre à
la demande du tourisme sexuel (Lim, 1998). On cherche
à avoir des enfants de plus en plus jeunes parce que les
clients les considèrent comme moins susceptibles d'être
infectés par le VIH. Les trafiquants recourent également
à l'enlèvement. Profitant du chaos causé par l'occupation
américaine de l'Iraq, les bandes de trafiquants ont enlevé
quelque 2000 filles dans le pays, selon des estimations
pour la période antérieure à 2006 (Bennett, 2006). Il est
impossible de déterminer l'ampleur réelle du nombre de
femmes et d'enfants qui sont victimes de la traite à travers
le monde, mais un rapport de la CIA a estimé qu'aux États-
Unis seulement il y aurait 50 000 femmes et enfants tra-
vaillant comme esclaves dans l'industrie du sexe (Leuchtag,
2003).
Les trafiquants vont des organisations familiales à des
réseaux multinationaux hautement sophistiqués de
groupes criminels. Des individus corrompus occupant
des postes de confiance sont également impliqués : des
agents de police, des gardes-frontières, des agents de l'im-
migration, des agents de voyages et des banquiers. Une
victime enrôlée comme travailleur du sexe peut rappor-
ter de 75 000 $ à 250 000 $ par an à son « employeur »,
ce qui stimule l'appât du gain des personnes impliquées
à tous les niveaux (Farr, 2004). On estime qu'à l'échelle
mondiale l'exploitation des enfants et des femmes par le
trafic sexuel rapporte entre 7 et 10 milliards de dollars de
profit par année (Cwikel et Hoban, 2005).
Un touriste sexuel est un adulte qui voyage pour avoir des
relations sexuelles en échange d'argent ou de cadeaux.
L'essor de l'industrie du tourisme sexuel, dont les clients
proviennent des pays industrialisés, tire profit du trafic
sexuel des femmes et des enfants et de la condition éco-
nomique sans espoir de la population locale. Les hommes
qui travaillent comme beach boys dans le tourisme sexuel
féminin le font souvent parce que c'est leur seule façon
d'aider leur famille. La plupart des pays où le tourisme
sexuel féminin se pratique sont d'anciennes colonies d'es-
claves qui ne se sont pas relevées économiquement de
leur passé colonial (Hoggard, 2006).
Le tourisme sexuel pour hommes est plus répandu dans
les pays asiatiques, comme la Thaïlande, les Philippines,
l'Inde, le Sri Lanka, le Vietnam et le Cambodge, et dans
les pays d'Amérique du Sud, comme le Brésil. La publi-
cité renforce le stéréotype de la femme asiatique docile
et aimante (Alfano, 2006). En Thaïlande, entre 22 500 et
40 000 travailleuses du sexe sont des filles âgées de
moins de 18 ans (Alfano, 2006). La plupart des touristes
sexuels qui se rendent dans ces pays sont des hommes
japonais, allemands, scandinaves, arabes et américains.
Le commerce légal du sexe rapporte annuellement envi-
ron 3,3 milliards de dollars à l'Indonésie et 27 milliards de
Les uns et les autres
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