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Le CommerCiaL et L'atypisme en sexuaLité
érotique indien datant de la fin du iv
e
siècle, allie sexua-
lité et spiritualité en exposant dans le détail des tech-
niques sexuelles permettant d'atteindre le nirvana. Au
Japon, les shungas, des peintures et des gravures sur
bois datant des années 1600 et 1700 et représentant de
façon très explicite le coït, sont considérées comme des
chefs-d'oeuvre. Les Grecs et les Romains de l'Antiquité
utilisaient abondamment les thématiques sexuelles
dans l'ornementation et la décoration des bâtiments
publics et des objets domestiques.
Avec le triomphe du christianisme et la chute de
l'Empire romain, l'Église catholique étendit son auto-
rité suprême sur tout le monde occidental. Durant le
Moyen Âge, elle contrôlait la production écrite et les
beaux-arts, assurant ainsi la diffusion de ses idées res-
trictives en matière de sexualité. À cette époque, les
écrits étaient rédigés à la main par des moines et, vu
sa richesse, l'Église catholique commandait la création
de la majorité des oeuvres d'art. Cependant, vers 1450,
Johannes Gutenberg inventa la presse à imprimer utili-
sant des lettres mobiles, mettant ainsi fin au monopole
de l'Église sur la diffusion de l'écrit (Lane, 2000). On
imprima d'abord différentes éditions de la Bible, puis
des histoires pornographiques, ce qui aurait contribué
à l'alphabétisation des masses (Johnson, 1988). Vers le
milieu du xvi
e
siècle, la parution des livres échappait
tellement à l'influence de l'Église que le pape Paul IV
publia le premier catalogue des livres interdits (Lane,
2000).
Dans la première moitié du xviii
e
siècle, une autre décou-
verte technologique, la photographie, aida la pornogra-
phie à se répandre. Les daguerréotypes et les photogra-
phies érotiques se mirent à proliférer tant et si bien que
le Congrès américain promulgua la première loi interdi-
sant l'envoi postal d'obscénités (Johnson, 1998).
C'est en 1953, avec le lancement de Playboy, que le com-
merce de la pornographie est sorti de l'ombre pour
devenir l'industrie multimilliardaire que l'on connaît
aujourd'hui. La génération qui avait participé à la
Seconde Guerre mondiale acheta 50 000 exemplaires
du premier numéro du magazine. Le lectorat de Playboy
continua de s'accroître durant les années 1960, et Hugh
Hefner, l'éditeur du magazine, fut bientôt multimil-
lionnaire. Puis le public eut accès, en toute légalité, à des
films sexuellement explicites, lesquels, avant la sortie
en 1973 du film Deep Throat (Gorge profonde), n'étaient
diffusés que clandestinement. Cette invraisemblable
histoire d'une femme ayant le clitoris logé dans la gorge
fut la première production cinématographique pour
adultes présentée en salle, devant grand public. Énorme
succès financier, Deep Throat rapporta 600 millions de
dollars et ouvrit la voie à la pornographie moderne. Il
eut aussi pour effet de repousser les limites du contenu
sexuel dans les films réguliers. En français, des films
comme Histoire d'O, Emmanuelle et Valérie en sont des
exemples. L'augmentation du contenu sexuel a sus-
cité l'opposition des groupes religieux et politiques de
droite, ceux-ci affirmant que la pornographie est immo-
rale, qu'elle a des effets nocifs sur les adultes et qu'elle
augmente le nombre de crimes à proximité des cinémas
pour adultes et des endroits vendant de la porno.
Au Canada, la Cour suprême semble donner raison par-
tiellement à ce point de vue, du moins indirectement.
Dans son arrêt de 1992 précisant les critères devant
guider les juges pour délimiter ce qui est acceptable en
matière d'obscénité, elle affirmait que si du matériel
contient des scènes dégradantes ou déshumanisantes,
celles-ci ne doivent pas être tolérées par la communauté
(Schabas, 1995). Plus récemment, il y a eu une tenta-
tive de retour indirect à la censure ; dans cette optique,
seules les productions respectant l'ordre public seraient
financées par des fonds gouvernementaux. Une telle
conception rejoint l'argumentation fondée sur le critère
de la moralité publique.
Les nouveLLes technoLogies et
Le matérieL sexueLLement expLicite
Toutefois, alors même que l'on tente de réprimer la por-
nographie, de nouvelles technologies viennent en com-
pliquer le contrôle, tout en rendant cette activité encore
plus lucrative. Ainsi, l'avènement de la télévision par
câble, du magnétoscope et d'Internet ont permis l'accès
en tout anonymat à la pornographie à des gens qui ne
seraient probablement jamais entrés dans un cinéma
ou une librairie pour adultes. Les premiers ordinateurs
personnels ont fait leur apparition en même temps que
la télé par câble et le magnétoscope, et l'industrie du
sexe a favorisé nombre d'innovations technologiques
du Web (Carnes, 2000).
Selon une enquête menée par le journal néerlandais Het
Laatste Nieuws en 2007, un nouveau site porno apparaît
toutes les 39 secondes aux États-Unis ; en 2002, 70 %
des achats faits sur Internet concernaient la porno et
42 % des internautes avaient déjà visité un site « X » ; le
chiffre d'affaires de la cyberpornographie dépasserait
aujourd'hui celui d'entreprises telles que Microsoft,
Google, Amazon, Ebay, Yahoo et Apple. Le mot sexe
est le plus populaire sur les moteurs de recherche ;
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