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Le CommerCiaL et L'atypisme en sexuaLité
répandus dans les salons de clavardage, certains por-
tant des noms tels que « Torturer les femmes » ou « Fille
suçant son père » (Michaels, 1997). En fait, une étude
comparant les revues pornographiques, les vidéos et
les forums de discussion sur Usenet (newsgroups) a
trouvé considérablement plus de violence sexuelle dans
ces forums que dans les deux autres types de média
(Barron et Kimmel, 2000).
Le matérieL érotique
Le matériel dit « érotique » constitue une sous-catégorie
du matériel sexuellement explicite. Il s'agit d'un autre
genre de pornographie, qui peut être dure (hard core)
ou légère (soft core) selon le cas. Le matériel érotique est
voué à l'éros ou à l'« amour-passion » (Steinem, 1998).
Dans ce type de matériel, les scènes sexuelles sont
empreintes de respect mutuel, d'affection et d'équilibre
de pouvoir entre les sexes (Stock, 1985, p. 13). Comme
il y a plus de femmes qui participent à la production
d'oeuvres sexuellement explicites, l'égalité entre les
sexes y est plus habituelle (Klinger, 2003 ; Milne, 2005).
Par exemple, les films pornographiques pour adultes de
Femme Productions (États-Unis) mettent l'accent sur la
sensualité, le plaisir féminin et l'affirmation de soi. Des
films comme Nina Hartley's Guide to Better Cunnilingus
et The Sluts and Goddesses Video Workshop font la pro-
motion du plaisir et de l'excitation sexuels féminins.
Est-ce que le matériel érotique n'intéresse que les
femmes ? Non, selon une étude faite auprès d'étu-
diants universitaires. Ceux-ci, qui étaient tous âgés
d'au moins 21 ans, ont regardé quatre bandes vidéo
comportant différents dosages de scènes d'amour et
d'affection soit intenses, soit légères, combinées à des
scènes très explicites sexuellement (hard core) ou légè-
rement explicites sexuellement (soft core). L'étude a
montré que les hommes comme les femmes ont coté
les vidéos combinant à la fois des scènes sexuelle-
ment très explicites et des scènes exprimant de forts
sentiments amoureux comme les plus excitantes. Les
chercheurs en ont conclu que les étudiantes de niveau
universitaire voient l'amour et l'affection comme allant
de pair avec l'excitation sexuelle (Quackenbush et coll.,
1995). Une autre enquête par entrevues faite auprès de
150 hommes des États-Unis, du Canada et d'Europe a
établi que les hommes appréciaient la pornographie
surtout lorsqu'elle montrait que les participants hom-
mes et femmes étaient égaux ou lorsque les hommes
profitaient de l'affirmation sexuelle des femmes. Les
hommes qui appréciaient ce type de vidéo insistaient
sur l'importance de voir des femmes ressentir un plai-
sir sexuel authentique (Loftus, 2002).
Dans cette même perspective, le professeur d'univer-
sité Constance Penley, qui donne un cours sur la por-
nographie, croit que la pornographie populaire est
omniprésente parce qu'elle exprime le désir masculin
d'un monde utopique où les femmes ne seraient pas
socialement tenues de dire et de croire qu'elles n'aiment
pas autant le sexe que les hommes (1996, p. 18). L'auteur
de Sex, Time and Power, Leonard Shlain, va plus loin en
affirmant que la pornographie disparaîtrait demain si
les femmes étaient aussi désireuses d'avoir du sexe et se
comportaient sexuellement aussi ouvertement que les
hommes (2003, p. 352).
Les fiLms pornographiques
et L'orientation sexueLLe
Les films produits pour les clientèles hétérosexuelles,
gaies ou lesbiennes diffèrent par certaines caractéristi-
ques générales. Beaucoup de porno hétérosexuelle mon-
tre en gros plans diverses positions de relations coïtales,
orales et anales. Relations sexuelles entre deux femmes,
triolisme et sexualité de groupe font souvent partie de
la recette. Les femmes montrent généralement un très
grand désir sexuel pour les participants et leur corps
occupe la principale place dans le film. La plupart des
stars pornos ont des corps stéréotypés, minces et une
poitrine grossie par implants mammaires. L'érotisation
du corps masculin y est rare et les acteurs masculins
sont souvent d'apparence banale. La « scène payante »,
le gros plan de l'éjaculation masculine à l'extérieur du
vagin de la femme ou de sa bouche, est la marque par
excellence de la porno masculine hétérosexuelle (Paul,
2005).
L'industrie de la porno gaie se compare en importance
à celle de la porno hétérosexuelle et offre le même éven-
tail de films à petit budget et de films d'une certaine
qualité. La plus grande partie de la porno gaie recourt
à des acteurs bien mis, musclés et paraissant bien. Elle
met l'accent sur l'érotisation du corps masculin et cou-
vre les intérêts sexuels compris entre l'agressivité et la
tendresse. Certaines sous-catégories de films présen-
tent une plus grande variété de corps. Par exemple, la
porno « bear » présente des hommes imposants et très
poilus (Blue, 2003).
Il y a beaucoup moins de films pornos pour le public
lesbien et ils sont généralement à petit budget et moins
bien fignolés que les films pour hétérosexuels et les
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