Chapitre 6
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l'imposition de la taxe, mais la somme qu'ils reçoivent réellement (après avoir
payé la taxe) passe de 3 $ à 2,80 $.
Les conséqUences
En comparant les figures 6.6 et 6.7 (voir les pages 131 et 133), nous aboutissons à
une conclusion surprenante : les taxes imposées aux vendeurs et les taxes impo-
sées aux acheteurs sont équivalentes. Dans les deux cas, la taxe creuse un écart
entre le prix payé par l'acheteur et le prix reçu par le vendeur. Et cet écart est
exactement le même, peu importe que la taxe soit imposée aux acheteurs ou aux
vendeurs. Dans les deux cas, la ponction fiscale change la position relative des
courbes d'offre et de demande. Au nouvel équilibre, les acheteurs et les vendeurs
se répartissent le fardeau de la taxe. La seule différence consiste donc à savoir
qui, des acheteurs ou des vendeurs, envoie l'argent au gouvernement.
L'équivalence de ces deux modes de taxation est sans doute plus facile à comprendre
si nous imaginons que la municipalité perçoit la taxe de 0,50 $ dans un bol placé sur
le comptoir des vendeurs de crème glacée. Si la taxe est payée par les acheteurs, ces
derniers doivent mettre 0,50 $ dans le bol pour chaque cornet acheté. Si elle incombe
aux vendeurs, ce sont ces derniers qui déposent 0,50 $ dans le bol chaque fois qu'ils
font une vente. Que cette somme de 0,50 $ soit déposée dans le bol directement par
l'acheteur ou qu'elle passe indirectement de la poche de l'acheteur à la main du ven-
deur avant d'aboutir dans le bol, cela n'a finalement aucune importance. Une fois
que le marché retrouve son nouvel équilibre, les acheteurs et les vendeurs se parta-
gent le fardeau de la taxe, sans égard à celui qui doit mettre l'argent dans le bol.
L'éLasticité et L'incidence fiscaLe
Lorsqu'une taxe est appliquée à un produit, les acheteurs et les vendeurs en par-
tagent la charge, mais comment la répartissent-ils ? Très rarement de manière
égale. Pour voir comment s'effectue cette répartition, observons à la figure 6.8
l'impact de la taxation sur deux marchés. Dans les deux cas, la figure montre la
courbe de demande initiale, la courbe d'offre initiale et la taxe creusant un écart
entre la somme payée par les acheteurs et celle reçue par les vendeurs. Les nou-
velles courbes d'offre et de demande n'apparaissent pas sur le graphique. Suivant
que la taxe est imposée aux acheteurs ou aux vendeurs, l'une de ces courbes
subira un déplacement. Mais, comme nous venons de le voir, cela ne change rien
à l'incidence de la taxation. La différence entre les deux graphiques dépend de
l'élasticité relative de l'offre et de la demande.
Le graphique a) de la figure 6.8 illustre l'imposition d'une taxe sur un marché où
l'offre est plus élastique que la demande. Cela revient à dire que les vendeurs sont très
sensibles aux variations de prix du bien (la courbe d'offre est plutôt horizontale), alors
que les acheteurs y sont très peu sensibles (la courbe de demande est plutôt verticale).
Lorsqu'on impose une taxe sur un marché caractérisé par ces types d'élasticité, le
prix perçu par les vendeurs ne diminue pas beaucoup et ces derniers ne supportent
qu'une faible portion de la taxe. En revanche, le prix payé par les acheteurs augmente
substantiellement, ce qui indique qu'ils supportent l'essentiel de la taxe.
Le graphique b) de la figure 6.8 dépeint un marché où la demande est plus élastique
que l'offre. Dans ces circonstances, les vendeurs sont peu sensibles aux variations de
prix du bien (l'offre est plutôt verticale), tandis que les acheteurs y sont passablement
sensibles (la demande est plutôt horizontale). Comme on le voit sur ce graphique,
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