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Chapitre 6
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également les propriétaires d'entretenir leurs immeubles, en plus de créer une
pénurie de logements. Les lois sur le salaire minimum garantissent le niveau de vie
de certains travailleurs tout en en condamnant d'autres au chômage.
L'aide aux plus défavorisés ne requiert pas obligatoirement un contrôle des prix.
À titre d'exemple, le gouvernement peut verser une allocation de logement aux
familles dans le besoin pour leur permettre d'accéder à un logement décent. À l'in-
verse du contrôle des loyers, ces allocations ne limitent pas le parc de logements et
n'aboutissent pas en fin de compte à une pénurie. De la même façon, un supplément
de revenu ferait augmenter le niveau de vie des plus démunis sans dissuader les
entreprises de les embaucher.
Même si de telles politiques sont préférables au contrôle des prix, elles ne représen-
tent pas non plus une panacée. Les subventions au logement et au salaire coûtent
cher au gouvernement et exigent des prélèvements fiscaux. Comme nous le verrons
dans la section suivante, la fiscalité comporte elle aussi ses propres coûts.
minitest
n
Définissez les notions de
prix plafond et de prix plancher en donnant un exemple pour chacune. Laquelle provoque
une pénurie ? Laquelle provoque un surplus ? Expliquez pourquoi.
Les taXes
Tous les paliers de gouvernement -- du gouvernement fédéral à Ottawa jusqu'aux
petites municipalités -- financent les dépenses publiques, comme les routes, les éco-
les et la défense nationale, en prélevant des taxes et des impôts. Parce que les taxes
ont une telle importance en tant qu'instrument de politique économique et parce
qu'elles affectent notre vie quotidienne, nous y reviendrons plus d'une fois dans cet
ouvrage. Dans ce chapitre, nous commencerons par considérer les effets de la fisca-
lité sur l'économie.
Pour replacer cette analyse dans un contexte concret, imaginons qu'une muni-
cipalité décide de tenir un festival annuel de la crème glacée, avec un défilé, des
feux d'artifice et des discours. Pour financer cet événement, le gouvernement
municipal décide de percevoir une taxe de 0,50 $ sur chaque cornet vendu. À
l'annonce de ce projet, deux groupes de pression réagissent. L'Organisation
canadienne des fabricants de crème glacée proclame que ses membres luttent pour
survivre dans une concurrence forcenée et elle soutient que c'est aux acheteurs
de crème glacée de payer cette taxe. L'Association canadienne des mangeurs de
crème glacée se plaint de ce que ses membres n'arrivent pas à joindre les deux
bouts et insiste pour que les vendeurs assument le fardeau de la taxe. Le maire,
désireux d'arriver à un compromis, suggère de diviser cette taxe pour que les
deux groupes en payent chacun la moitié.
Pour analyser une telle proposition, il faut répondre à une question simple mais
subtile : quand le gouvernement impose une taxe sur un produit, qui la paye, les
acheteurs ou les vendeurs ? Et si les acheteurs et les vendeurs se partagent le
fardeau de la taxe, comment la répartition se fait-elle ? Le gouvernement peut-il,
à la suggestion du maire, légiférer sur ce partage ou les forces du marché sont-
elles déterminantes ? Lorsqu'ils évoquent la répartition du fardeau d'une taxe, les
« N'oublie pas, fiston, que
ce sont tes années libres
d'impôt. Profites-en au
maximum. »
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