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L'offre, la demande et les politiques publiques
espérer gagner, le salaire minimum incite de nombreux jeunes à chercher du travail. Les
recherches sur la question ont démontré qu'une augmentation du salaire minimum influe
sur le comportement de certains adolescents. Lorsque le salaire minimum augmente,
certains jeunes décident d'abandonner l'école pour aller gagner leur vie. Ces nouveaux
décrocheurs prennent alors la place de ceux qui avaient quitté l'école avant eux et qui se
retrouvent maintenant au chômage.
Le salaire minimum suscite constamment des polémiques. Les tenants du salaire minimum
considèrent qu'une telle politique permet une augmentation des revenus des travailleurs
les plus défavorisés. Ils font valoir, avec raison, que deux adultes travaillant 35 heures par
semaine à un salaire horaire de 8 $ ont un revenu annuel de 29 120 $, ce qui équivaut
à la moitié du revenu familial moyen au Canada et ne leur garantit qu'un niveau de vie
précaire. Nombre de ces défenseurs du salaire minimum reconnaissent ses effets pervers,
y compris le chômage, mais, tout compte fait, ils les considèrent comme marginaux et sont
convaincus que la hausse du salaire minimum améliore le sort des plus défavorisés.
Les détracteurs du salaire minimum soutiennent qu'il ne constitue pas la meilleure
solution pour lutter contre la pauvreté. Ils insistent sur le fait qu'il crée du chômage,
incite les adolescents à décrocher de l'école et empêche certains travailleurs non
qualifiés d'obtenir la formation sur le terrain dont ils ont besoin. Pour ces raisons,
ils estiment que la loi du salaire minimum n'atteint nullement son objectif. Ceux qui
travaillent au salaire minimum ne sont pas tous des chefs de famille luttant pour sortir
de la pauvreté. De fait, moins d'un tiers des employés payés au salaire minimum sont
membres d'une famille qui vit sous le seuil de la pauvreté. La grande majorité de ces
salariés se compose d'adolescents appartenant à la classe moyenne et travaillant à
temps partiel pour se faire de l'argent de poche.
L'éVaLUation des contrÔLes de PriX
Dans le chapitre 1, selon l'un des dix principes d'économie, nous avons vu que
les marchés représentent en général une bonne façon d'organiser l'activité éco-
nomique. Ce principe permet de comprendre pourquoi les économistes s'oppo-
sent généralement aux prix plafonds et aux prix planchers. Ils pensent que les prix
ne sont pas le fruit du hasard, mais plutôt l'aboutissement des millions de déci-
sions des entreprises et des consommateurs, illustrées par les courbes d'offre et
de demande. Les prix jouent un rôle essentiel : ils assurent l'équilibre de l'offre
et de la demande et coordonnent l'activité économique. Lorsque les pouvoirs
publics fixent les prix par décret, ils brouillent le signal qui, normalement, guide
l'allocation des ressources d'une société.
Cela dit, un autre des dix principes d'économie affirme que les gouvernements
améliorent parfois les solutions de marché. Effectivement, les dirigeants adop-
tent un contrôle des prix lorsqu'ils considèrent que ces résultats sont injustes. Le
contrôle des prix a pour objectif d'aider les pauvres. Le plafonnement des loyers
tente d'assurer l'accessibilité au logement et les lois sur le salaire minimum visent
à permettre aux travailleurs de sortir de la pauvreté.
Malheureusement, le contrôle des prix s'exerce souvent au détriment de ceux qu'il
est censé aider. Le contrôle des loyers empêche la hausse des loyers mais dissuade
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