Toutefois, ces mêmes propriétaires ne sont guère enclins à se préoccuper du bien-être de leurs locataires lorsque le contrôle des loyers crée une pénurie. Pourquoi dépenseraient-ils de l'argent pour entretenir et améliorer leurs immeubles lorsque les locataires se bousculent à leurs portes pour les louer tels qu'ils sont ? Certes, les locataires profitent de loyers plus bas, mais la qualité du logement s'en ressent. souvent de nouvelles réglementations. On a ainsi déclaré que la discrimination raciale dans l'accès au logement était illégale et on a obligé les propriétaires à offrir des conditions d'habitabilité minimales. C'est là un type de législation à la fois difficile et coûteuse à appliquer. Or pareille législation serait beaucoup moins nécessaire si l'on supprimait le contrôle des loyers. Dans un marché libre, où les forces de la concurrence s'entrechoquent, les loyers s'ajustent pour éliminer les pénuries qui incitent les propriétaires à adopter des comportements indésirables. UNE PÉNURIE D'EAU ? pétrolières allaient être remises en question s'est manifesté au printemps 1999, sur un coin de terre situé en face de la ferme albertaine de Don Bester. C'est là que des consultants à l'emploi de Petro-Canada ont proposé d'enfouir une conduite dans la nappe aquifère peu profonde où M. Bester va puiser l'eau qu'il donne à boire à ses 150 vaches. L'entreprise voulait non seulement prélever des millions de litres d'eau douce chaque année (soit une quantité suffisante pour abreuver les vaches de M. Bester pendant 150 ans...), mais aussi les envoyer au fond d'un puits de pétrole. Bien sûr, Petro-Canada ne se doutait absolument pas que sa demande apparemment banale déclencherait une rébellion d'agriculteurs en Alberta au sujet de l'utilisa- tion de l'eau, ni même qu'elle soulèverait le voile qui recouvrait les habitudes de consommation d'eau peu connues d'une industrie ayant un chiffre d'affaires annuel de 28 milliards de dollars. lier, M. Bester, âgé de 55 ans, comprenait très bien les intentions de Petro-Canada. |