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Chapitre 6
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Cet exemple a le mérite d'illustrer un mécanisme général : lorsque le gouverne-
ment impose un prix plafond effectif dans un marché concurrentiel, il crée
une pénurie ; en raison du grand nombre d'acheteurs potentiels, les vendeurs
sont alors contraints de rationner les biens. Or ces mécanismes de rationnement
imposés en cas de pénurie s'avèrent rarement désirables. Les consommateurs
perdent un temps précieux dans les files d'attente, alors que la discrimination en
fonction des préférences du vendeur est inefficace (car les biens ne vont pas nécessai-
rement aux consommateurs qui leur accordent le plus de valeur) et potentiellement
injuste. En revanche, les mécanismes de rationnement sur un marché libre et concur-
rentiel sont à la fois efficaces et impersonnels. Lorsque le marché atteint son équilibre,
tous ceux qui acceptent de payer le prix du marché peuvent s'acheter un cornet. Les
marchés libres rationnent les biens grâce au prix.
Les fiLes d'attente À La station-serVice
Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, durant les années 1970, l'Organisation
des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a augmenté le prix du brut sur les marchés
mondiaux. Puisque le pétrole constitue un intrant dans la fabrication de l'essence, cette
décision a provoqué une diminution de l'offre d'essence. Au Canada, le prix du carburant a
augmenté, mais cette augmentation a rarement provoqué des pénuries. Cependant, il en
a été tout autrement aux États-Unis. On a vu s'étirer les queues devant les pompes et les
automobilistes américains ont dû patienter durant des heures pour acheter quelques litres
de carburant.
À qui la faute ? La plupart des Américains s'en sont pris à l'OPEP : si elle n'avait pas fait
grimper le prix du pétrole, on n'aurait pas connu de pénurie d'essence. Toutefois, les
économistes ont plutôt blâmé la réglementation américaine imposant aux sociétés
pétrolières un prix plafond pour la vente de l'essence.
La figure 6.2 montre ce qui s'est passé. Comme on le voit sur le graphique a), avant que
l'OPEP n'augmente le prix du baril de pétrole, le prix d'équilibre de l'essence
P
1
était en deçà
du prix plafond. Par conséquent, la réglementation du prix n'a eu aucun effet. Cependant,
avec l'augmentation du prix du pétrole, la situation a changé. Cette augmentation a accru
le coût de production de l'essence, entraînant ainsi une réduction de l'offre d'essence.
Le graphique b) illustre le déplacement de la courbe d'offre de
O
1
à
O
2
. Dans un marché
libre, ce déplacement aurait entraîné une hausse du prix d'équilibre de l'essence, le faisant
passer de
P
1
à
P
2
, et n'aurait pas provoqué de pénurie. Or l'instauration d'un prix plafond
a empêché le prix de tendre vers l'équilibre. En effet, à ce prix plafond, les producteurs
voulaient vendre une quantité
Q
O
et les consommateurs voulaient acheter une quantité
Q
D
.
La diminution de l'offre a donc provoqué une grave pénurie.
On a fini par abolir les lois réglementant le prix de l'essence. Les législateurs ont finalement
compris qu'ils étaient en partie responsables des interminables files d'attente aux stations-
service américaines. De nos jours, lorsqu'il y a une variation du prix du baril de pétrole, le
prix de l'essence s'ajuste de façon à maintenir l'équilibre entre l'offre et la demande. Au
Canada, comme il n'y a pas eu de contrôle des prix sur l'essence dans les années 1970, il
n'y a eu aucune file d'attente aux stations-service.
étUde de cas
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Ë
Qui est responsable :
l'OPEP ou les législateurs ?
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