Chapitre 6
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exiger de leurs locataires (prix plafond), en constitue un bon exemple, tout comme les
lois sur le salaire minimum, qui empêchent les entreprises de payer les travailleurs en
deçà d'un certain taux horaire (prix plancher). Les pouvoirs publics ont recours au
contrôle des prix chaque fois qu'ils estiment que celui fixé par le marché est injuste
pour les acheteurs ou pour les vendeurs. Toutefois, comme nous le verrons, ce type
d'intervention engendre également ses propres injustices.
Après avoir abordé le contrôle des prix, nous étudierons les effets de la fiscalité. Nos
gouvernements ont recours à la fiscalité à la fois pour prélever les sommes qui leur
seront nécessaires dans l'élaboration de leurs politiques publiques et pour influer
sur les résultats des marchés. Malgré l'omniprésence des impôts et des taxes dans
notre économie, leurs conséquences sont loin d'être toujours évidentes. Lorsque le
gouvernement prélève un impôt sur le salaire qu'une entreprise paie à ses employés,
le fardeau fiscal est-il supporté par l'entreprise ou par les employés ? La réponse ne
coule pas de source -- du moins, jusqu'à ce que l'on ait recours aux précieux outils
de l'offre et de la demande.
Le contrÔLe des PriX
Afin d'examiner les effets du contrôle des prix sur les résultats du marché, reprenons
l'exemple de la crème glacée. Comme nous l'avons vu dans le chapitre 4, la vente de
ce produit s'effectue sur un marché concurrentiel sans réglementation gouverne-
mentale, le prix assurant l'équilibre entre l'offre et la demande. Au prix d'équilibre,
la quantité de crème glacée que les acheteurs veulent consommer est égale à la quan-
tité que les vendeurs se proposent de vendre.
Pour prendre un exemple concret, supposons que ce prix d'équilibre s'établisse à 3 $
le cornet.
Ce prix, résultat de la libre volonté des acheteurs et des vendeurs,
peut ne pas convenir à tous. L'Association canadienne des consommateurs de
crème glacée peut s'y opposer, alléguant qu'il est trop élevé pour que la clien-
tèle puisse consommer son cornet quotidien (conformément à sa recomman-
dation pour une saine alimentation). De son côté, l'Organisation canadienne
des fabricants de crème glacée fera remarquer que ce prix -- résultat d'une
concurrence forcenée -- met en péril le gagne-pain de ses membres. Chacun
de ces groupes de pression milite en faveur de l'adoption de lois modifiant les
résultats du marché par un contrôle des prix.
De toute évidence, les acheteurs souhaitent se procurer des biens au plus bas
prix, tandis que les vendeurs sont décidés à en tirer le prix fort ; nous sommes
alors en présence de deux groupes ayant des intérêts opposés. Si les mangeurs
de crème glacée obtiennent gain de cause, le gouvernement imposera un prix
maximal à la vente de la crème glacée. Comme les prix ne peuvent dépasser ce
maximum légal, ce prix est dénommé
prix plafond
. En revanche, si les fabricants
de crème glacée l'emportent, les autorités fixeront un prix minimal, appelé
prix
plancher
, en deçà duquel on ne pourra vendre ce produit. Analysons tour à tour
les conséquences de ces politiques.
Les effets des PriX PLafonds sUr Les marchés
Lorsque, sous la pression des consommateurs de crème glacée, les pouvoirs
publics imposent un prix plafond, deux résultats sont possibles. Dans le cas
du graphique a) de la figure 6.1, le gouvernement établit le prix plafond à 4 $
Prix plafond
Prix maximal auquel un bien peut
être vendu.
Prix plancher
Prix minimal auquel un bien peut
être vendu.
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