background image
165
165
La production et la croissance
Révo lu tion indus trielle, soit depuis 1820 envi ron au pays. Or 150 ans sont ample ment
suf fi sants pour attein dre l'état sta tion naire et la sta gna tion du niveau de vie. Ce n'est
cepen dant pas le cas. Comme on le cons tate dans ce cha pi tre, le PIB par habi tant
a même ten dance à aug men ter plus rapi de ment main te nant que durant les années
1870, 1900 ou 1920 (quoi que plus len te ment que pendant la période 1950-1970). Il
man que visi ble ment quel que chose à notre modèle.
En fait, deux fac teurs cru ciaux sau vent les pays avancés (donc près de l'état
sta tion naire) : les pro grès tech no lo gi ques et l'aug men ta tion du capi tal humain.
Rappelons-nous que ces deux varia bles peuvent faire aug men ter la pro duc tivité
du tra vail. Donc, s'il se pro duit un pro grès technologique, tou tes cho ses étant
éga les par ailleurs (entre autres, pour un niveau de capital cons tant), la produc ti-
vité s'accentue. Cela fait aug men ter le PIB et l'inves tis se ment suit : l'investissement
devient plus élevé que la dépré cia tion et le stock de capi tal se met à remonter.
On se dirige alors vers un nou vel état sta tion naire, à des niveaux de capital et de
PIB plus éle vés.
Ce phé no mène est illus tré sur le gra phi que de la figure 7A.3 (voir la page 166). On y
voit que les chan ge ments tech no lo gi ques déplacent la courbe de pro duc ti vité et font
pas ser l'éco no mie du point A au point B. Par la suite, la pro duc ti vité et le PIB étant
plus éle vés, l'inves tis se ment aug mente et on accu mule du capi tal, ce qui nous amène
à un nou vel état sta tion naire, au point C. Un nou veau pro grès des connais san ces ou
du capi tal humain fera dépla cer à nou veau la courbe, et le pro ces sus continuera.
Tant qu'il y a pro grès de la tech no lo gie et du capi tal humain, on peut donc repous ser
l'état sta tion naire et poursuivre la crois sance du niveau de vie. Mais s'il y a ren de ments
dé crois sants du capi tal, en est-il de même des connais san ces et de la qua lité de la
main-d'oeuvre ? Autrement dit, les pro grès tech no lo gi ques ralen tiront-ils ? Plusieurs
éco no mis tes se sont pen chés sur cette ques tion depuis une ving taine d'années. Leurs
répon ses ne sont pas défi ni ti ves, mais on croit de plus en plus que la tech no lo gie
mon tre des ren de ments mar gi naux cons tants ou même crois sants. Si c'est le cas, la
crois sance de nos ni veaux de vie pour rait conti nuer encore très longtemps.
Le moteur de la crois sance de la pro duc ti vité et du niveau de vie des pays pau vres
est l'accu mu la tion du capi tal. Pour les pays industrialisés, cela n'est pas suf fi sant.
En effet, en rai son des ren de ments mar gi naux décrois sants du capi tal, on finit par
atteindre un état sta tion naire, où l'inves tis se ment ne fait plus que rem pla cer le stock
de capi tal qui s'use : toute crois sance du capi tal, de la pro duc ti vité et du niveau de vie
figUre 7a.2
Production
par travailleur
(productivité)
Stock de capital
par travailleur
État stationnaire du
pays B, qui épargne
et investit beaucoup
État stationnaire du
pays A, qui épargne
et investit peu
l'état stationnaire
Ce graphique montre com-
ment le taux d'épargne et
d'investissement affecte
l'état stationnaire d'un
pays. Plus le taux d'épargne
et d'investissement d'un
pays est élevé, plus son
état stationnaire se trouve
à droite et en haut sur la
courbe de productivité.
23124_MACRO_Chapitre7.indd 165
3/26/09 4:47:28 PM