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Chapitre 7
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étUde de cas
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Le raLentissement de La croissance de La ProdUctivité
Le taux de croissance de la productivité est loin d'être stable. La pro duc ti on canadienne
par travailleur a aug menté au rythme de 1,8 % par année de 1966 à 1973. De 1973 à
1982, cepen dant, cette pro gres sion est tom bée à 0,5 % par année, avant d'accélérer
à nouveau pour atteindre 1,6 % par année, de 1983 à 1988. Un autre ralentissement
s'est produit de 1989 à 1995 (0,9 % par année), puis une accélération de 1996 à 2000
(2 % annuellement).
Les effets de ces variations de la croissance de la productivité sont faciles à observer. Les
salaires et les revenus familiaux sont liés à la productivité. Lorsque la croissance de la
productivité a ralenti, le travailleur moyen s'est mis à recevoir de plus faibles augmentations
de salaire réel (donc, ajusté pour l'inflation), et bon nombre de citoyens ont ressenti une
inquié tude géné ra li sée à l'égard de la situation éco no mique. Composée sur un grand
nombre d'années, une variation, même minime, de la croissance de la productivité a des
effets importants. Par exemple, au cours de la période 1966-2005, la productivité a crû à
un taux annuel moyen de 1,2 %. Si elle avait plutôt augmenté selon le taux réalisé entre
1966 et 1973, soit 1,6 %, le revenu du Canadien moyen serait aujourd'hui supé rieur de
70 % à son niveau actuel.
Les causes de ces changements de la croissance de la productivité sont difficiles à cerner.
On s'entend cependant pour dire que le pro blème n'est pas attri bua ble aux fac teurs faci le-
ment mesu ra bles. Ainsi, on peut éva luer le stock de capi tal phy si que, tout comme on peut
mesu rer le capi tal humain, à par tir du nom bre d'années de sco la rité. Mais les variations de
la crois sance du capital physique ou du capital humain ne semblent pas être à blâmer.
Après avoir éli miné les autres cau ses pos si bles, les éco no mis tes croient que la tech no-
lo gie est res pon sa ble de tels changements. Beaucoup attri buent les accélérations et les
ralentissements obs ervés à des variations du rythme des inven tions de nou vel les métho des
de pro duc tion de biens et de ser vi ces. Or, comme il s'avère dif fi cile de mesu rer la quan tité
d'idées, il est dif fi cile de confir mer ou d'infir mer cette hypothèse.
D'une cer taine façon, il peut sem bler étrange d'affir mer que le der nier quart de siè cle
fut mar qué par un ralen tis se ment des pro grès tech no lo gi ques. Durant cette période,
l'uti li sa tion de l'infor ma ti que s'est répan due à la tota lité de l'éco no mie -- une révo lu-
tion tech no lo gi que tou chant tous les sec teurs et l'immense majo rité des entre pri ses.
Cependant, pour des rai sons inconnues, cette révo lu tion ne s'est pas tra duite par une
accé lé ra tion de la crois sance. Comme l'a fait remar quer Robert Solow, Prix Nobel
d'éco no mie en 1987, « l'ordi na teur se retro uve par tout, sauf dans les sta tis ti ques
de pro duc ti vité ».
Que nous réserve l'ave nir en matière de progrès technologiques et de croissance
économique ? Le passé ne nous permet pas d'être très optimistes quant à la qualité des
prévisions. En effet, ni le ralentissement, ni l'accélération de la productivité n'avaient
été prévus.
Le passé nous donne cependant une idée de ce que pourrait être un taux de croissance
normal de la productivité au Canada. De 1921 à 2005, le taux de croissance annuel moyen
de la production par travailleur s'est situé tout juste sous la barre des 2 %. Cette période
comprend des années de fort ralentissement économique (la Grande Dépression des années
1930), des années de croissance très élevée (durant et immédiatement après la Seconde
Guerre mondiale) ainsi que des années de fluctuations plus modestes, décrites ci-dessus.
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