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La production et la croissance
l'avenir de leurs propres enfants. Tous les dix ans environ, quelqu'un propose une
mesure pouvant être très efficace : ce programme en est justement une... »
Antônio Souza, 48 ans, Maria Torres, 37 ans, et leurs sept enfants vivent dans une
hutte de boue séchée, située pas très loin de chez M. Andrade. Tous les membres de
la famille sont minces et musclés. Les parents ne se souviennent pas de la dernière
fois que la famille a pu manger de la viande ou des légumes. Grâce à leur allocation
de 27 $ par mois, toutefois, ils peuvent maintenant acheter du riz, du sucre, des pâtes
et de l'huile.
M. Souza et Mme Torres, illettrés mais convaincus des bienfaits de la scolarisation,
ont toujours envoyé leurs enfants à l'école. « S'ils n'étudient pas, ils deviendront
des vauriens comme moi », de dire leur père, dont le visage buriné et fortement
plissé s'illumine d'un grand sourire lorsqu'il se tourne vers ses deux filles au regard
brillant, Ana Paula et Daniele, âgées de 11 ans et 8 ans respectivement. « Tout ce que
je peux faire, c'est travailler dans les champs. »
Son épouse ajoute fièrement : « Certains pères ne veulent pas que leurs filles aillent à
l'école. Mais cet homme a fait tout ce qu'il a pu pour envoyer ses enfants à l'école. »
Source : Celia W. Dugger,
The New York Times, New York, 3 janvier 2004.
Ë
La santé et L'aLimentation
Lorsqu'on parle de capital humain, on fait en général référence aux efets de
l'éducation sur la productivité. Cependant, un autre type de dépense permet
aussi d'augmenter le capital humain d'une population : les dépenses qui amélio
rent la santé générale de la population. Toutes choses étant égales par ailleurs, les
travailleurs en bonne santé sont plus productifs que ceux qui ne le sont pas.
Robert Fogel, spécialiste en histoire économique, a suggéré qu'une meilleure santé,
provenant d'une meilleure alimentation, est un facteur important pour expliquer la
croissance économique à long terme. Il a estimé qu'en GrandeBretagne, en 1780,
une personne sur cinq n'était pas assez bien nourrie pour faire du travail manuel.
Et parmi les personnes qui pouvaient travailler, une insufsance calorique réduisait
substantiellement l'efort qu'elles pouvaient entreprendre. À mesure que la nutrition
s'est améliorée, la productivité des travailleurs a augmenté.
Fogel analyse en partie ces tendances historiques en examinant la taille des
personnes. Une petite taille peut être un indicateur de sousalimentation, surtout
durant la grossesse de la mère et la petite enfance. Fogel a découvert que, à mesure
que les pays se développent économiquement, les gens mangent plus et la taille
moyenne augmente. De 1775 à 1975, l'absorption calorique moyenne a crû de
26 % et la taille moyenne des hommes a augmenté de 9,14 centimètres. Pour la
Corée du Sud, lors de la période de forte croissance économique allant de 1962 à
1995, les chifres sont de 44 % et 5,08 centimètres. Bien sûr, la taille dépend de la
génétique et d'autres facteurs. Toutefois, parce que la composition génétique d'une
population ne change que très lentement, d'autres facteurs ont dû dominer. Parmi
ceuxci, l'alimentation.
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