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La production et la croissance
éco no mi ques inter na tio na les confir ment cet efet de rat tra page. En iso lant les
autres varia bles -- comme le pour cen tage du PIB consa cré à l'inves tis se ment --,
on cons tate que la pro duc ti vité dans les pays moins déve lop pés tend à croî tre plus
rapi de ment que dans les pays riches. Ainsi, les pays pau vres ont ten dance à rat tra
per les pays riches en ce qui concerne le niveau de vie.
Cet efet de rat tra page per met d'expli quer cer tains faits étonnants. De 1960 à 1990,
le Canada et la Corée du Sud ont consa cré une pro por tion semblable de leur PIB
à l'inves tis se ment. Le PIB réel canadien n'a pour tant crû que d'envi ron 2,5 % par
année au cours de cette période, alors que la croissance coréenne, à 7 %, paraît tout
à fait spec ta cu laire. Cet écart s'expli que par l'efet de rat tra page. En 1960, le revenu
moyen de la Corée ne représentait pas le dixième de celui du Canada, surtout à
cause d'une fai ble pro duc ti vité provenant de maigres investissements dans le passé.
À par tir d'un fai ble stock de capi tal par tra vailleur, l'accu mu la tion du capi tal entre
1960 et 1990 a fait énor mé ment pro gres ser la pro duc ti vité coré enne : c'est ce qui
expli que ce taux de crois sance exceptionnel.
On retro uve éga le ment cet efet de rat tra page dans d'autres contex tes. Par exem ple,
lors que, à la fin de l'année, une école attri bue un prix à l'étu diant qui a le plus pro
gressé, il ne s'agit pas, la plu part du temps, de l'élève qui brillait le plus à la ren trée.
Les étu diants qui com men cent l'année sans étudier ont plus de faci lité à amé lio rer
leurs notes que ceux qui tra vaillent fort dès le début. Notons que le fait d'être l'étu
diant qui a le plus pro gressé est une bonne chose, mais qu'être pre mier de classe
est encore mieux. La même remar que s'appli que à la crois sance éco no mi que de la
Corée du Sud, qui a été plus rapi de que celle du Canada dans les der niè res décen
nies, même si le PIB par habi tant coréen est encore infé rieur à celui du Canada.
Les consé quen ces des ren de ments mar gi naux décrois sants du capi tal sont explo rées
plus en pro fon deur dans l'annexe du pré sent chapitre.
La LiBerté éco no mi QUe et Le droit de ProPriété
La liberté éco no mi que et la sta bi lité poli ti que sont des condi tions pré ala bles
à la crois sance. Nous avons déjà remar qué dans le cha pi tre 3, qui concerne
l'inter dé pen dance, que, dans une éco no mie de mar ché, la pro duc tion dépend
de l'inter ac tion de millions d'indi vi dus et d'entre pri ses. En ache tant une voi
ture, vous ache tez la pro duc tion d'un conces sion naire, d'un fabri cant d'auto
mo biles, d'une acié rie, d'une entreprise minière, etc. Cette répar ti tion de la
pro duc tion entre plu sieurs entre pri ses assure l'ef ca cité du pro ces sus. Pour y
par ve nir, on doit coor don ner les trans ac tions entre tou tes les entre pri ses et aussi
entre cel lesci et les consom ma teurs. Les éco no mies de mar ché assu rent cette
coor di na tion grâce au sys tème des prix. Autrement dit, la main invi si ble assure
l'équi li bre de l'ofre et de la demande grâce aux prix du marché.
Ce qui per met à ce sys tème de bien fonc tion ner est la
liberté éco no mi que
,
c'estàdire
la pos si bi lité d'entre pren dre des acti vi tés pro duc ti ves avec le moins
d'inter ven tions gou ver ne men tales pos si ble. La liberté éco no mi que est basée sur
les choix indi vi duels, l'échange volon taire, le droit de gar der ce que l'on gagne et
l'exis tence d'un droit de pro priété bien défi ni et pro té gé par la loi.
Le
droit de pro priété
repré sente d'ailleurs l'un des élé ments les plus impor tants
pour per met tre au sys tème des prix de bien fonc tion ner.
Par « droit de pro priété »,
on entend la pos si bi lité pour cha cun d'employer ses res sour ces comme il l'entend.
Une entreprise minière ne se lan cera pas dans l'exploi ta tion du mine rai si elle ris que
de se voir confis quer son pro duit : elle n'inves tira que si on lui garan tit qu'elle pourra
liberté économique
La possibilité d'entreprendre
des activités productives
avec le moins d'interventions

gouvernementales possible.
Droit de propriété
La possibilité pour un
propriétaire d'utiliser ses
actifs comme il l'entend, c'est-
à-dire de les exploiter et d'en
disposer par la vente.
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